Vandalisme sur sa voiture: quels réflexes adopter pour être indemnisé?
Quand on dispose d’une voiture, et encore plus si celle-ci est stationnée sur la voie publique, il est rare qu’elle reste intacte bien longtemps. Outre les affres du temps et des inattentions qui sont par définition involontaires (touchettes lors des stationnements, rayures avec un chariot de supermarché, etc), il n’est pas rare que l’on soit la victime d’un acte de vandalisme “gratuit”: rayures à coup de clé, pneumatiques crevés, vitrages ou pare-brise cassé, etc.
Quelles assurances auto prennent en charge le vandalisme ?
En cas de vandalisme sur votre véhicule, il est indispensable de respecter certaines règles. Dans un premier temps, il est nécessaire de vérifier son contrat d’assurance. En effet, certains contrats ne couvrent pas ce type de sinistres. Par exemple, un contrat dit “au tiers”, la formule minimale obligatoire, n’apporte qu’une responsabilité civile (la fameuse RC), c'est-à-dire qu’elle ne couvre que les dégâts provoqués aux biens d’autrui ou aux autres personnes.
C’est seulement à partir du second niveau, souvent appelé tiers+, que votre contrat dispose de cette garantie, qui accompagne le vol et l’incendie.
Comment se faire rembourser un acte de vandalisme par son assurance auto ?
Si votre contrat prend en charge ce type de sinistre, il est indispensable de le déclarer à votre assurance dès que possible. Votre assureur vous demandera obligatoirement de déposer une plainte auprès d’un commissariat ou d’une gendarmerie. Celle-ci peut se faire en ligne, ou directement sur place. Dans le cas d’une plainte en ligne, vous devrez malgré tout ensuite vous déplacer pour confirmer et signer la plainte. Vous disposez ensuite de cinq jours pour faire parvenir cette plainte à votre assureur, faute de quoi, ce dernier pourra classer votre sinistre sans suite. Pensez également à prendre des photos qui pourront faire figure de preuve. Selon les dégâts estimés, un expert pourra alors être missionné pour estimer le coût global des réparations.
Si le montant des réparations est supérieur à la valeur estimée de votre véhicule appelée VRADE (Valeur de Remplacement à Dire d’Expert ou valeur résiduelle), il est possible que l’expert classe votre véhicule en VEI (Véhicule économiquement irréparable). Ce genre de cas reste relativement rare, car généralement, les dégradations restent légères. Malgré tout, sur certains modèles dont les pièces sont très chères, des feux et phares cassés ainsi qu’un bouclier abîmé peuvent chiffrer à plus de 10 000 €. Cela peut donc aller vite. Et si le véhicule est ancien ou en mauvais état, le risque est grand. Dans ce cas, l’assureur vous proposera une indemnisation à hauteur de la valeur estimée du véhicule.
Dans le cas où vous êtes seulement couvert par un contrat au tiers, vous pouvez tout de même obtenir une indemnisation. Pour cela, vous devez avoir déposé plainte, et l’auteur doit être identifié puis condamné. Soyons honnêtes, il est rare que les vandales soient identifiés, sauf si des caméras ont filmé la scène (encore faut-il qu’elles fonctionnent).
Quelle franchise à payer ?
Tous les contrats comportent une franchise, un montant qui reste à votre charge en cas de sinistre sur votre véhicule. Toutefois, si l’auteur des faits est identifié, la franchise ne vous sera pas réclamée, à condition que votre assureur parvienne à récupérer la somme auprès de l’auteur. Dans le cas inverse, vous en serez de votre poche. Selon les contrats, les franchises vont, en moyenne, de 125 € à plus de 800 €. Les contrats les moins chers sont aussi assez souvent ceux qui proposent la franchise la plus élevée.
Quel impact sur votre bonus ?
Le bonus, également appelé CRM débute à 1. Il s’agit d’un coefficient qui a une grande influence sur le montant de votre prime d’assurance. Chaque année passée sans sinistre responsable, il est multiplié par 0,95, permettant au bout de nombreuses années d’atteindre 0,5, autrement dit, le bonus maximal de 50%. À l’inverse, à chaque sinistre responsable, il est multiplié par 1,25.
L’impact sur votre bonus est dépendant de l’identification ou non de l’auteur. Si personne n’est identifié, le sinistre sera forcément mis à votre charge et votre bonus sera ainsi directement impacté.
Cela implique donc qu’en cas de vandalisme sans tiers identifié, une personne ayant un bonus de 50%, passera alors à un bonus réduit à 37,5% (0,5 * 1,25 soit un CRM de 0,625).
Si les dégâts sont mineurs, et que personne ne peut être identifié, il vaut donc mieux bien calculer si le jeu en vaut la chandelle avant d’engager la procédure. D’autant plus qu’avec la franchise à votre charge, il est probable que déclarer ce sinistre vous reviendra plus cher, in fine, que de passer outre.