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Les débuts de Dacia (1968-1998)

Dacia, la marque autour de laquelle a été créée et développée l`industrie automobile en Roumanie, est née en 1966 dans le département d`Arges à Colibasi. Depuis le début de l'aventure, l'histoire de Dacia a toujours été très liée à celle de Renault.
Les débuts de Dacia (1968-1998)
Par Loic FERRIERE le 14/03/2009 Dernière mise à jour le 06/08/2018

Les débuts de l'automobile en Roumanie

Présent dès 1966 en Roumanie, Renault est à l'origine de la création de l'industrie automobile dans le pays, suite à la volonté du gouvernement roumain de se doter d'une telle industrie.

En effet, devant une industrie automobile mondiale montante, le dictateur Nicolae Ceau?escu (1918-1989) décide de produire une voiture sous licence afin que le projet soit économiquement viable, et techniquement plus simple à mettre en place.

Un appel d’offres est alors lancé auquel vont répondre des marques telles que Fiat, Alfa Romeo, Peugeot, Morris et Ford. En premier lieu, le choix se portera sur le français Peugeot, mais le projet finira par être abandonné.
Le second choix se porte alors sur la firme Morris, mais les négociations finissent par échouer.

En 1966, Alfa Romeo, Ford et Peugeot se retrouvent de nouveau en compétition en face d'un petit nouveau: Renault.

Finalement, c'est Renault qui remporte l'appel d'offres, et un prototype de la future R12 est testé à l’aéroport de Baneasa en Roumanie, sous le nom Utranel (anagramme de Renault).

L'accord avec Renault en 1968 scelle la naissance de Dacia

L'accord signé en 1968 va permettre à Dacia de produire une voiture moderne avec un système forfaitaire de licence sur huit ans prévoyant l’intégration totale de la fabrication en Roumanie, ce qui sera d'ailleurs un élément fort important pour la survie de Dacia après 1978.

Deux ans auparavant, en 1966, la construction de l'usine de Pitesti à 120 km de Bucarest débute, usine qui aujourd'hui encore, produit encore des Dacia.

Construite en un temps record et d’une capacité de 120 000 véhicules/ans, l'usine se présente en fait sous la forme d’un conglomérat intégré incluant un bureau d’étude qui développe ses propres produits tels que les utilitaires avec les pick-up simple et double cabine à trois types de propulsion.



La première Dacia de l'histoire est proposée au peuple roumain en 1968, avec la Dacia 1100.
Sortie dans l'urgence, il s'agit d'une R8 fabriquée sous licence, comme le contrat le prévoit. Elle permet surtout d'occuper le terrain en attendant la Dacia 1300 en 1969,
la Dacia la plus connue basée sur la R12.

 


La 1300 sur les chaînes
Arrivage de R8, on y place le logo Dacia, et hop, une 1100

 


Huit ans plus tard, le contrat arrivant à échéance, et après l'échec des négociations avec Renault pour sortir toujours sous licence, la R18 roumaine, Dacia va reprendre à sa charge la fabrication de la 1300, comme le contrat signé huit ans plus tôt le prévoyait.

Il va alors suivre une difficile période pendant laquelle la firme va connaitre un réel immobilisme technologique. Alors que le reste de l'Europe voyait son industrie automobile évoluer rapidement, l'industrie roumaine, fera avec la moyens dont elle dispose, c'est à dire très peu.

De sorte, et même si la 1300 permettait aux familles roumaines d'acquérir leur première automobile grâce à un prix sans concurrence, cette stratégie n'avait que peu d'avenir.



Une Dacia 1300 sur la chaîne de production


La mythique 1300, sera ainsi produite jusqu'en 2006 en version utilitaire, et sous de nombreuses déclinaisons, comme un break (1973), un pick up (1975), une version 5 portes (1989), une version sport, un coupé, etc... Sa vétusté incontestable était compensée par un prix très attractif de 3200 euros, qui était très inférieur à toutes ses concurrentes. La vraie voiture du peuple !

L'échec de la fausse Dacia, la 500

Dans les années 80, le Ministère de l'Industrie et des Constructions de Voitures a reçu l'ordre (venant de Ceausescu) de réaliser une petite auto économique pour le trafic urbain, ayant les caractéristiques suivantes : capacité 2+2 personnes (des familles composées de 2 adultes et 2 enfants), vitesse maximum de 70 Km/h, consommation de 3 l / 100 km, etc...
Dotée d'une carrosserie légère en composite, le problème de la corrosion était ainsi réglé, mais pas celui de la fiabilité...

Bien que le nom Dacia y était apposé, la 500 n'en n'était pas vraiment une, puisqu'elle n'avait pas été étudiée par Dacia, et n'était pas non plus produite dans son usine de Pitesti.

Commercialisée jusqu'en 1989, et motorisée avec un petit deux cylindres de 23ch affichant une consommation de seulement 3l/100 km comme le stipulait le cahier des charges, elle sera un échec cuisant: la qualité très insuffisante et une conception pas du tout adaptée pour une famille moyenne roumaine, rendront la vie dure à la 500.
Cette fausse Dacia ne restera ainsi jamais dans les mémoire roumaines.

La chute du communisme et les années de crise

L'arrêt de la 500 en 1989 sera comme un signe pour le président roumain.
En effet, c'est durant cette même année, le jour de Noël pour être exact, que le président communiste Nicolae Ceau?escu et sa femme furent condamnés à mort et exécutés suite à un procès très controversé, lors du coup d'État du 22 décembre 1989.

La dictature communiste présente depuis 1945, à l'origine de la création de Dacia, et qui a fait, d'après les chiffres officiels 2 millions de morts civils en 45 ans, laisse place à la démocratie et à l'économie de marché.

Mais La situation économique du pays dans les années 90 et jusqu'en 2000, sera extrêmement difficile, marquée par une dégringolade économique (chute de 48% du PIB industriel, inflation comprise entre 50% et 300%, écroulement de la monnaie nationale, ...)

Comme toute l'industrie roumaine, Dacia subit de plein fouet cette crise. Les ventes s'effondrent, passant de 88 000 unités commercialisées en 1989, à 62 000 en 1990, pour afficher seulement 51 000 ventes en 1992 !

Le pays va mettre 10 ans à s'en remettre, tout comme Dacia.

Dès 1994 les ventes atteignent les 71 000 unités tandis qu'en 1995, Dacia égale sa production de 1989. La production ne va pas cesser d'augmenter jusqu'à un niveau historique (pour la période 1990-2000) en 1998 avec plus de 106 000 ventes.



La production Dacia entre 1989 et 2000


Cette remontée des ventes s'explique par la reprise économique locale, mais également par le lancement en 1995 de la première automobile ayant une conception 100% roumaine, la Dacia Nova. C'est une révolution.

Mais les chiffres convainquant, et l'arrivée de la Nova ne peuvent cacher la qualité plus que misérable de ces autos.

"La Nova était fabriquée en l’absence de plans précis. Lorsque quelque chose n’allait pas, il était impossible de savoir si cela venait de la conception, ou de la réalisation de la voiture. La plupart des presses avaient du jeu dans tous les sens, provoquant de la dispersion au sein d’une même rafale de pièces. Et les opérateurs, surtout des femmes, travaillaient sécurités débranchées afin de toucher des primes de rendements". explique Jean-Michel AIME.

Si elle parait plutôt moderne, la Nova, ne peut cacher une conception qui a beaucoup trainée. Du coup, à peine sortie, elle est en fait déjà dépassée...

 

Nova


En 1997, Dacia signe un contrat pour la production de 50 000 Accent  sous licence avec Hyundai.
Cependant, les difficultés rencontrées à cette période par le constructeur mettront fin prématurément au contrat. Mais Dacia n'abandonne pas sa recherche d'un constructeur pour l'épauler.

En 1998, après avoir célébré les trois décennies de la production de la première automobile Dacia, la voiture numéro 2.000.000 sort de l'usine. Cette même année, l`entreprise obtient la Certification ISO 9001 pour son Système de Qualité...

Voir la suite: Vers la privation de Dacia

 

 

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