Dacia, groupe Renault (1999-...)

Dacia, groupe Renault (1999-...)
En proie à de graves difficultés économiques, il devient urgent de chercher un partenaire pour rétablir la santé de la seule marque automobile du pays. Plusieurs constructeurs sont sur les rangs: Volkswagen, Fiat, Peugeot, Hyundai et bien sur Renault
Par Loic FERRIERE le 14/04/2009
Renault possédait dans le pays, une très forte popularité avec la R12 et les différents éléments mécaniques montés sur les Dacia.
Ainsi, « l’opinion a soutenu à l’unanimité la candidature de Renault » évoque Constantin Stroe, directeur général de Dacia.

Le 2 juillet 1999, le contrat de privatisation de la société est signé et Renault entre ainsi à hauteur de 51% dans le capital de Dacia.

Dacia continu de s'écrouler

Sur un marché roumain en perte de vitesse (-31%), Dacia voit ses ventes chuter de 44% à 55 000 unités en 2000, avec une perte nette de 58.8 millions d'euros. Ces résultats ne sont pas pour autant surprenant. Ils s'expliquent tout simplement par une baisse du pouvoir d'achat des roumains, par la hausse du prix des voitures du fait de leur adaptation aux normes Euro 2, mais aussi par "l'effet d'attente" de la fameuse voiture à 5 000 Euros annoncée par Renault, la fameuse Logan qui doit arriver en 2004.

Cette même année, une enveloppe de 220 millions de dollars sur cinq ans est débloquée pour un plan d'investissement, en plus de celle accordée pour le développement de la voiture à 5 000 Euros.

Plusieurs projets sont également mis en place comme l'adaptation de l'usine aux exigences imposées par les process de fabrication de la Dacia SuperNova (dont 10 000 commandes avaient été déjà effectuées en fin 2000 soit 10% du MTM), intégration du process d'assemblage de nouveaux moteurs et boites de vitesse, rénovation des bâtiments, amélioration de la qualité, protection de l'environnement et formation du personnel.

Autant dire que suite à l'arrivée de Renault le petit constructeur roumain va rapidement évoluer, et sa gamme avec.

Ainsi, la SuperNova, une Nova modernisée, est lancée en 2000. Il s'agit là de la première concrétisation visible de la coopération franco-roumaine. Renault pioche dans sa banque d'organe pour la doter du moteur 1.4 Energy (de la R19 et Clio ) et de la boîte JH.

SuperNova

En novembre 2002 est également lancée la gamme de véhicules utilitaires (dont la 1310 Pick Up) munis de moteurs Diesel Renault.

En 2001, malgré des résultats peu flatteurs (seulement 52 523 véhicules vendus soit 63,7% du marché), Renault augmente sa participation à 92,72% du capital, afin d'avoir une liberté totale pour les décisions à prendre.
La production cumulée de la SuperNova depuis son lancement (07/00 à 09/01) atteint 20 506 véhicules. A la fin de l'année 2001, Dacia compte 21 135 employés, 99 distributeurs et 136 points de service.

La Solenza est mise sur le marché en avril 2003, tout d`abord en version 1.4 MPI essence, et à partir de septembre 2003, en version diesel, 1.9D. Cette même année, Renault décide de porter sa participation dans Dacia à hauteur de 99%.

Solenza

2004, la révélation Logan

La Logan arrivera l'année suivante, en 2004 en deux versions de motorisation: 1.4MPI et 1.6MPI.
Dacia proposera ainsi désormais une vraie voiture moderne, qui même s'il ne s'agit pas du dernier cri, respecte ce que l'on peut attendre d'une voiture en l'an 2000.

La Logan puise directement ses racines dans des projets existants au sein du groupe Renault: la plate-forme B de l'Alliance et la Clio notamment.
Ce choix a permis de limiter les coûts de développement de la base roulante, ainsi que les frais de méthodes et les coûts des outils de fabrication. Le module de chauffage est celui qui est utilisé par les véhicules Renault du segment B, comme la Modus par exemple.


Sa conception monopièce (conduits simples, circuits courts) permet d'obtenir une installation très fiable et de réaliser des économies de conception, sans concession sur les performances thermiques, au meilleur niveau de la catégorie. Les fonctions électroniques ont été regroupées dans l'unité centrale de l'habitacle (UCH), dérivée de celle qui équipe la Clio et la Twingo. De la Clio, la Logan reprend également le compartiment moteur, conçu avec les mêmes interfaces afin de réutiliser des process de montage déjà maîtrisés.

La Logan adopte également les moteurs, les trains avants, la direction, les freins arrières de la Clio, ainsi que son instrumentation, ses poignées de porte, son volant et ses commodos.
Certains éléments proviennent du reste de la gamme Renault, comme les aérateurs et le pommeau de levier de vitesses par exemple, qui ont déjà été utilisés sur l'Espace.

La partie mécanique, solidement éprouvée sur les sites européen est transférée à l'usine Dacia de Pitesti. De nombreuses pièces sont ainsi usinées sur place : couvercle de culasse, supports intermédiaires, supports moteurs, carters d'huile… Les moteurs et les boîtes de vitesses sont également entièrement assemblées localement.


Le taux d’automatisation dans l'usine reste très faible, puisque 98% des points de soudures sont toujours réalisés à la main contre presque aucun en Europe de l’Ouest, le faible coût de la main d'œuvre ne justifiant pas les investissements nécessaires.


Voiture à bas coûts certes, mais pas moins moderne pour autant !
En 2005, la Logan voit même arriver le 1.5 dCi, moteur performant et réputé en Europe depuis son arrivée sur la Clio en Juin 2001. Un tel moteur dans une Dacia, c'est du jamais vu !

Grâce à la Logan, Dacia va battre en 2005 tous ses records de production avec 172.000 unités produites pour 164.000 exemplaires vendus.

Et alors même que la Logan ne devait au départ ne jamais arriver en France et dans le reste de l'Europe de l'Ouest, elle y sera finalement proposée. Mieux, elle y fera un réel carton.

L'année 2007 va voir arriver quatre grosses nouveautés dans la gamme.
Dès Janvier, la version VAN (break) est lancée, une version GPL arrive en Mai, et la version dCi 85 apparait en septembre. Ce même mois, la 500 000ème Logan sort de l'usine, tandis que la 3 000 000ème Dacia est produite le mois suivant et que la Logan Pick Up est présent au Salon de l'automobile de Bucarest.

Pick Up

Pour faire face à une demande en forte hausse, et après une sévère décroissance aux débuts des années 2000, l’usine va fortement recruter pour pouvoir répondre à la demande. L'entreprise comptait ainsi 8 900 personnes en 2008 dont 30% de femmes. Plus de 2 770 personnes ont été embauchées en 2007 et 734 en 2008. La capacité de production va croître de 40 véhicules/heures à 60 véhicules/heures, soit 1 300 véhicules/jours.

Le 2 Juillet 2008, Renault va même jusqu'à proposer un petit restyling à la Logan, lui permettant de se dôter d'un style plus convainquant, avec notamment une face avant plus cossue, et une malle arrière moins volumineuse d'aspect.

A cette même période, les employés de Dacia, bien conscients de "l'or" qu'ils ont entre leurs mains, décident de mener jusqu'au bout leur action de grêve dans l'optique d'obtenir une nette revalorisation de leurs salaires. A l'issue de trois semaines d'arrêts, les salariés obtiennent des hausses de salaires significatives de 28% pour les ouvriers et d'environ 15% pour les techniciens et cadres.

Logan, Sandero, voitures internationnales
Les Logan et Sandero (la version "sexy" à hayon de la Logan), vont être exportées sous la marque Dacia, Renault, mais aussi Nissan aux quatre coins de la planète (Inde, Brésil, Mexique, Russie,...), et seront déclinées, comme l'ancêtre 1300, en break (MCV, Van), berline 5 portes (Sandero en 2007), et Pick Up. Un SUV est même actuellement en préparation pour une présentation en octobre 2009.

La Logan sera à coup sur, la voiture du groupe du début des années 2000," celle qui aura sauvé Renault" pourra-t-on peut être entendre dire.
Pas mal pour une auto qui n'était destinée au départ qu'aux pays émergents !

Preuve du succès de la marque, à l'issue de l'année 2008, Dacia a commercialisé 257 594 véhicules, et les exportations ont dépassé 172 000 unités, avec la France et l'Allemagne comme principaux marchés d'export. La Sandero de son côté, passe le cap des 50 000 unités produites en décembre, le tout en seulement une année.

En 2009, et malgré la forte demande jusqu'alors, l'usine a tout de même connue des périodes de chômage technique en début d'année, suite à la crise économique touchant fortement l'industrie automobile. Mais l'impact sur l'usine roumaine sera bien moins importante que ce qu'il a pu être en France.

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